UN REGARD SUR L'HISTOIRE
Voilà plus de 9000 ans qu’agriculteurs et pasteurs vivent sur les rives du Nil dans ce qui est aujourd’hui le Soudan. Au nord, ces rives sont aujourd’hui parsemées de forteresses, de châteaux et de temples d’autrefois. Le Nil a toujours joué un rôle central dans les échanges culturels entre l’Égypte et le Soudan. Pendant plus de 1000 ans, le pays de Coush (la région nord du Soudan d’aujourd’hui) a été en conflit avec l’Égypte.

Au VIe siècle, cette région, que l’on appelait alors le Royaume de Nubie, se convertit progressivement au christianisme. À l’époque, la Nubie fournissait le Moyen-Orient en ivoire, en or, en pierres précieuses, en gomme arabique et en bovins. Du XVe au XVIIe siècles, l’islam se propagea dans le nord du pays. Au sud florissaient alors d’autres royaumes africains, dont ceux des Shilluk et des Azande, ainsi que plusieurs peuples pasteurs, tels les Dinka et les Nuer.

De 1821 à 1885, le pays fut sous la domination de l’Égypte ottomane, qui avait l’appui des Britanniques. Dans les années 1880, Muhammad Ahmad ibn Sayyid Abd Allah, après avoir mené une vie d’ascète, se proclama Mahdi (<< celui qui est guidé >>) et partit en jihad, ou guerre sainte, contre les dirigeants ottomans. En 1885, les Mahdistes s’emparèrent de Khartoum, après un long siège au cours duquel le général britannique Charles George Gordon fut tué. Les armées anglo-égyptiennes parvinrent à reconquérir le pays en 1889 et un condominium anglo-égyptien fut établi : il dura plus de cinquante ans. 
LE SAVIEZ-VOUS? 

La civilisation des Coush, qui atteignit son apogée entre 1750 et 1500 av. J.-C., est l'une des plus vieilles civilisations noires du monde. Sa capitale était Méroé, sur le Nil.

 
Le Soudan proclama son indépendance le1er janvier 1956. Se succédèrent alors à sa tête des gouvernements civils et militaires qui ne surent apaiser les différends entre les Noirs africains du sud et les Arabes du nord. Le chef d’État actuel, le général Omar Hassan el-Bechir, a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1989. Son gouvernement a non seulement aboli la constitution et tous les partis politiques, mais il a aussi imposé l’arabe comme langue d’instruction, remplaçant ainsi l’anglais.

Le Soudan connaît la guerre civile depuis une quarantaine d’années et la famine depuis plus d’une dizaine d’années. Les pourparlers de paix se poursuivent, sans succès. Le sud du pays est pour sa plus grande partie sous l’emprise des rebelles.