LE MONDE DU TRAVAIL
Presque 75 % de la population somalienne est rurale et vit de l’agriculture ou de l’élevage ; c’est l’un des pays du monde où le taux de ruralité est le plus élevé. La plupart des citadins ont ainsi de la famille à la campagne et connaissent le mode de vie traditionnel.

Au fil des siècles, les Somalis ont appris à faire paître leurs animaux sur un vaste territoire, sans source d’eau permanente. Chaque clan a ses routes de transhumance, qui, au cours de l’année, mènent les bergers et leurs troupeaux d’un point d’eau saisonnier à un autre. Les Somalis élèvent moutons, chèvres, vaches et chameaux ; le bétail constitue d’ailleurs la principale exportation de la Somalie. Le chameau est précieux non seulement parce qu’il est accoutumé à la sécheresse, mais aussi parce qu’il fournit lait et viande, et permet de transporter les biens de la famille ainsi que les vieillards et les malades.

La Somalie exporte également beaucoup de produits agricoles, notamment maïs, sorgho, sucre manioc, haricots et bananes, ces dernières étant cultivées le long des fleuves Juba et Shebelle. L’importance des exportations de bétail et de produits agricoles dans l’économie somalienne rend le pays très vulnérable aux fluctuations de leur prix sur le marché international et aux mauvaises récoltes causées par la sécheresse ou les inondations. La pêche, autrefois strictement artisanale, se développe commercialement, mais les méthodes de pêche et de transformation restent traditionnelles.

À l’industrie minière – sel et métaux précieux – s’ajoute une industrie du pétrole et du gaz naturel naissante, depuis la découverte de gisements qui attirent des sociétés américaines et européennes. Le cuir et la transformation agroalimentaire, notamment de la canne à sucre, constituent l’essentiel du secteur manufacturier.

L’économie de la Somalie a beaucoup souffert de la guerre civile. Ce n’est qu’en 1993 qu’un système bancaire et un système de taxation ont pu être remis en place ; par ailleurs, le départ des forces des Nations unies en 1995 a fait disparaître de nombreux emplois. Comme les salaires sont très bas, beaucoup de Somaliens ont deux emplois, le deuxième étant souvent un petit commerce familial. Les femmes représentent un tiers de la main-d’œuvre ; un grand nombre sont commerçantes.
 

   Le saviez-vous?
Chez les bergers, ce sont généralement les enfants qui s’occupent des animaux : les filles s’occupent des moutons et des chèvres, et les garçons, des chameaux, qui doivent être nourris et traits trois fois par jour.