UN REGARD SUR L'HISTOIRE
L’histoire ancienne de la Somalie est très mal connue. Les Égyptiens de l’Antiquité appelaient la région « Pays de Pount » et allaient y chercher de l’encens ; c’est d’ailleurs principalement de cette région que venaient la myrrhe et l’encens dont on parle dans la Bible. On sait qu’autour de l’an mil de notre ère, les Somalis et diverses populations couchitiques y étaient bien implantés. Les Somalis s’islamisèrent rapidement après l’introduction, dans la Corne de l’Afrique, de l’islam, dont les premières traces dans la région remontent au VIIe siècle.

Rapidement, les Somalis se répandirent dans ce qui correspond à l’est de l’Éthiopie et au nord du Kenya actuels, et établirent des routes commerciales qui allaient rester en place pendant des siècles. Les populations du sud développèrent une économie agricole, alors que les clans du nord, pasteurs nomades constamment en quête d’eau et de pâturages, fondèrent plusieurs villes commerçantes, dont les ports de Berbera et de Zeila, qui contrôlaient le passage entre la mer Rouge et l’océan Indien.

Au XIXe siècle, la Somalie fut colonisée par la France, l’Italie puis l’Angleterre. Comme les Somalis refusaient de se soumettre aux nouveaux maîtres du pays, les colonisateurs encouragèrent les rivalités entre clans en favorisant certaines tribus. La Somalie ressent encore les effets de cette politique.

À la fin du XIXe siècle, la Somalie était divisée entre le Somaliland britannique, au nord, et la Somalie italienne, au sud. Si les Britanniques permirent aux Somalis du nord de conserver leurs traditions, les Italiens forcèrent les populations du sud à adopter la langue, les coutumes et les lois italiennes. Après avoir utilisé la Somalie comme base pour son invasion de l’Éthiopie en 1935, l’Italie réunit l’Éthiopie, l’Érythrée et la Somalie italienne au sein de l’Afrique-Orientale italienne.

En 1960, la Grande-Bretagne et l’Italie mirent un terme à leur occupation et les deux Somalie accédèrent à l’indépendance et s’unirent. Comme d’autres pays nés au moment de la décolonisation, la Somalie garda les anciennes frontières coloniales et des populations somalies se retrouvèrent isolées à l’intérieur des frontières du Kenya, de Djibouti et de l’Éthiopie. Des familles furent séparées pour toujours, et des routes traditionnellement empruntées par les nomades et leurs troupeaux devinrent hermétiquement fermées aux frontières, ce qui coupa l’accès à des points d’eau et à des pâturages essentiels dans le cycle de transhumance.

En 1969, le fragile gouvernement démocratique de Muhammed Ibrahim Egal fut renversé par un coup militaire dirigé par le général Mohammed Siyad Barre. Le gouvernement de Barre tenta de juguler le pouvoir des clans et remplaça, dans les communications écrites, l’arabe par du somali écrit en alphabet latin. Après quelques modestes réformes sociales, le régime bascula dans la corruption et la répression brutale, et les rivalités tribales reprirent de plus belle. En 1974, Barre signa un traité d’amitié avec l’Union soviétique et le pays adopta une politique économique communiste. En 1977, la Somalie tenta de conquérir des terres ancestrales contre l’Éthiopie. Le conflit se termina tragiquement : non seulement l’armée somalienne fut-elle écrasée lorsque des troupes soviétiques et cubaines se joignirent aux Éthiopiens, mais un million de personnes furent plongées dans la misère la plus totale et la Somalie se retrouva avec un immense problème de réfugiés. 

L’insatisfaction et la colère à l’égard du gouvernement du général Barre entraîna la formation de mouvements d’opposition et plongea le pays dans une guerre civile qui divisa le pouvoir entre les chefs de guerre qui contrôlaient diverses parties du territoire. Des millions de personnes se retrouvèrent sans abri. Après la chute du régime de Barre, en 1991, une réconciliation entre les clans du nord mena à la formation d’un nouveau Somaliland, dont Muhammed Ibrahim Egal, ancien premier ministre de la Somalie, devint président en 1993. Le Somaliland n’est pas reconnu par la communauté internationale. Dans le sud, une coalition de chefs de guerre accepta en 1992 que les Nations unies viennent en aide aux populations déplacées et signa en 1993 un accord de paix ; il n’y a, cependant, toujours pas de gouvernement.





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