CROYANCES
Plus de la moitié des Rwandais sont chrétiens, la plupart catholiques, mais on trouve aussi des Protestants de différentes confessions. Environ 5 % des Rwandais sont musulmans. Le reste de la population pratique la religion traditionnelle du Rwanda, qui est restée très vivace : nombreux sont les Chrétiens et les Musulmans qui observent les rituels traditionnels en plus de ceux de leur religion. À Kigali et dans certaines autres villes, la foi baha’i gagne des adeptes.

Au cœur de la religion rwandaise traditionnelle se trouve Imana, dieu tout puissant qui a créé la vie et la protège. Il préside l’ensemble des esprits, qui interviennent dans la vie des gens. Chaque être humain, chaque animal, chaque objet abrite un esprit, aussi appelé imana. Quand un être humain meurt, cet esprit devient l’un des abazimu (esprits des ancêtres).

Quand les abazimu sont troublés, ils causent des maladies, de mauvaises récoltes ou autres maux. Pour se prémunir de tels malheurs, on peut consulter l’umufumu (sorcier), qui explique pourquoi les abazimu sont fâchés et ce qu’il faut faire pour les apaiser. Avec le temps, les abazimu des personnes décédées deviennent des esprits sacrés que les familles honorent et prient. Ryangombe est le plus puissant des esprits des ancêtres et on l’honore par des cérémonies particulières. Le babandwa est une fraternité vouée au culte de Ryangombe. Dans le nord du Rwanda, on vénère aussi Nyabingi, esprit féminin semblable à Ryangombe.

Certains Rwandais croient que les pierres rondes qu’on trouve dans les sources renferment la puissance d’Imana et amènent la bonne fortune. Ils collectionnent ces pierres et les placent dans une hutte appelée ndaro, à l’extérieur du rugo familial. Chaque jour, ils y apportent des offrandes pour Imana. Quand un membre de la famille meurt, son corps est enterré près du ndaro.

  Le saviez-vous?
L’un des proverbes rwandais les plus connus dit qu’Imana rentre tous les soirs au Rwanda même quand il passe ses journées ailleurs.
Comme les esprits des gens survivent après la mort, les rites funéraires sont très importants. La famille interrompt tout travail et les femmes rasent leur crâne en signe de deuil. Les voisins et les amis s’occupent de toutes les tâches durant le deuil. La mort étant considérée comme quelque chose de « chaud », on demande à l’umufumu de « refroidir » la maison de la personne qui est morte. Le deuil peut durer plusieurs mois, durant lesquels la famille ne peut manger de viande ni mener des activités sources de vie, comme ensemencer les champs.
 
 
  Le saviez-vous?
En 1981, une jeune fille du nom d’Alphonsine Mumureke, qui fréquentait une école tenue par des religieuses à Kibeho près de Butare, eut une vision de la Vierge Marie. Dans les mois qui suivirent, quelques autres jeunes filles eurent des visions similaires. Pendant des années, Kibeho attira des pèlerins qui espéraient rencontrer les jeunes filles pour qu’elles leur communiquent leur expérience.